A la
différence de l'observation faite fréquemment en
psychothérapie ou en pédagogie, la P.N.L. n'est
née ni de l'expérience, ni de convictions d'un clinicien
ou d'un expert plus ou moins satisfait de sa pratique ou de ses
résultats. Elle résulte de recherches
délibérées qui furent projetées à
partir d'un point de vue novateur par les deux fondateurs et des
étudiants qui travaillaient avec eux.
Cet
ensemble va constituer l'équipe de chercheurs qui
développeront la P.N.L. au Kresge College aux Etats-Unis.
J. Grinder et R. Bandler ont également été
accompagnés dans leur démarche par de nombreux autres
professionnels et scientifiques comme par exemple Leslie
Cameron-Bandler et Judith Delozier. Les deux associés se sont
inscrits aussi dans la lignée de la sémantique
générale d'Alfred Korzybski et de l'approche non
directive de Carl Rogers.
2- La définition
Une définition a été donnée par R.
Bandler:" l'étude de la structure de l'expérience
subjective".
La P.N.L. a été mise au point grâce à divers
constats et observations des comportements des êtres humains.
C'est une approche plus aristotélicienne (prédominance de
l'acquis) que cartésienne (prédominance de l'inné).
La P.N.L.
se propose d'élargir les possibilités de comportement
(choisi comme le plus efficace possible pour un objectif donné
dans un contexte donné)
-d'une situation vécue à une autre,
-d'une personne à une autre, en modélisant le
comportement efficace et en apprenant à la personne à
s'en servir pour elle dans les contextes adéquats.
La P.N.L. est avant tout une démarche issue de l'observation
d'intervenants dans des milieux aussi divers que les
conférenciers, les éducateurs sociaux, les acteurs de la
lutte contre l'alcoolisme etc...Elle se base sur la description des
perceptions sensorielles externes, des représentations
sensorielles internes et sur la modélisation de ces
stratégies mentales et physiques.
Pour le Webster's Dictionnary, "une science est toute branche ou
département d'une connaissance systématisée et
considérée comme un champ distinct d'investigation ou
objet de recherche( ex; la science de l'astronomie, de la chimie ou de
l'esprit)".
D'après cette définition, la P.N.L. pourrait être
considérée comme la science de l'expérience
subjective et de l'expérience sensorielle. Cette perspective de
la P.N.L. est fortement influencée par les travaux de
Grégory Bateson.
D'autres définitions ont été proposées,
mais ses détracteurs prétendent que toutes les
descriptions définissant la P.N.L. sont toutes évasives.
D'après les inventeurs eux-mêmes, ceci est voulu pour
pouvoir étendre à volonté le domaine d'application
de la P.N.L.
Programmation
Nous avons tous le même montage de phrases sans recourir
consciemment à la syntaxe, d'abord un nom suivi d'un
adjectif et d'un verbe par exemple, ajout d'un adverbe pour
terminer. Nous pouvons donc constater une "compétence
inconsciente" en nous qui génère des automatismes.
Le mot programme fait référence à l'ensemble de
ces automatismes, qu'il s'agisse d'automatismes cognitifs,
émotionnels ou comportementaux.
En effet, se basant sur des acquis psychologiques indiscutables,
certains de nos comportements sont automatiques. L'hypothèse de
base de la P.N.L. permet de dire que certains de ces automatismes sont
immuables pour une personne donnée dans un contexte donné.
Neuro
Le mot neuro fait référence aux neurones, à notre
système nerveux central et à notre système nerveux
périphérique qui sont aux commandes.
Linguistique
Ce terme fait référence au langage qui est un code.
Il nous permet de communiquer, il structure notre pensée, il
véhicule notre culture.
3 - Les objectifs
Dilts et Delozier
précisent que :" Il y a un lien entre la P.N.L. et d'autres
courants de la psychologie, car la P.N.L. se dessine à partir de
la neurologie, de la linguistique et des sciences cognitives".
Son objectif est de synthétiser un grand nombre de
modèles et de théories scientifiques.
L'une des valeurs de la P.N.L. est de mettre ensemble
différents types de théories dans une seule structure
afin de produire des changements chez l'être humain.
Le psychiatre Edouard Zafirian a écrit:" le changement existe
dans les comportements psychologiques humains: cela s'appelle
l'adaptation aux circonstances".
L'adaptivité est une notion bien étayée de
la psychologie, mais qui, à première vue, pourrait
conduire à croire que la P.N.L. voit en l'homme une sorte de
machine pensante n'agissant qu'à travers des recettes immuables.
Mais au contraire en thérapie, la flexibilité
prônée par la P.N.L. face à un interlocuteur permet
une approche personnalisée du patient.
4 - Les présupposés de base
La P.N.L. repose sur un certain
nombre de présupposés qui fondent et expliquent la
méthode d'analyse et de modélisation. Les outils, les
modèles et l'éthique sous-tendant la PN.L. en
découlent. Ces présupposés ont été
progressivement formulés et affinés lors des travaux de
développement de la P.N.L.
4.1 - " La
carte n'est pas le territoire"
Alfred Korsybski (père de
la sémantique dont les premières publications datent de
1921)
"Je vois le monde comme je
suis" Paul Eluard - "L'homme
est ce qu'il croit" André Tchekov
Quand on demandait au peintre belge surréaliste
René Magritte pourquoi il écrivait sous le dessin d'une
pomme "ceci n'est pas une pomme",
il répondait "essayez donc de
la manger".
En effet, les mots, les représentations des choses que
nous pouvons faire, ne sont pas les choses elles-mêmes. Chaque
être humain est unique et donne sa propre " étiquette"
à chaque chose. Nous contribuons à en "créer" une
définition qui est peut-être incorrecte. Mais alors,
quelle est la bonne "étiquette"? Cette réflexion nous
invite à avoir une attitude de tolérance face à
des personnes qui n'ont pas la même définition des choses
que nous. Aucun modèle du monde n'est plus "vrai" ou plus
"réel" qu'un autre.
4.2 - Derrière tout
comportement se cache une intention positive
Le but de tout comportement est adaptatif (possède une intention
positive) - ou fut adaptatif dans le contexte où il fut
établi à l'origine.
Cela passe par notre esprit inconscient qui a toujours une intention
positive même si le comportement ou la réaction
observée au niveau conscient ne sont pas satisfaisants. Il est
absolument nécessaire de séparer l'intention du
comportement. Même si ce dernier n'est pas satisfaisant, il est
essentiel d'en préserver l'intention positive.
Par exemple, en posant la question suivante aux fumeurs :" Qu'est-ce
que
la cigarette vous apporte de bien, de positif pour vous?" Ils
répondent fréquemment "ça
me détend".
4.3 - Le comportement d'une
personne à un moment donné
est le meilleur choix qu'elle a à sa disposition
Les gens font le meilleur choix qui leur est
possible en tenant compte des possibilités et capacités
qu'ils perçoivent comme leur étant disponibles à
partir de leur modèle du monde.
A un moment donné, tout comportement d'une
personne, aussi brutal, fou ou bizarre soit-il, est le meilleur choix
fait par cette personne par rapport à son modèle du
monde. Si on lui fournit un meilleur choix (dans le contexte de son
modèle du monde) la personne le choisira automatiquement.
Mais le comportement choisi
(expérience ou réponse) pourra agir comme ressource ou
limitation.
4.4 - Nous avons en
nous-mêmes les ressources qui nous sont
nécessaires
"On ne peut rien apprendre aux gens, on peut seulement les aider
à découvrir qu'ils possèdent en eux tout ce qui
est à apprendre" Galilée
Les gens possèdent déjà toutes les ressources
nécessaires (au moins potentiellement) pour agir efficacement.
Le changement vient de la libération et du déclenchement
des ressources appropriées (ou de l'activation de la ressource
potentielle) pour un contexte particulier.
La
quantité de compétences, ressources et capacités
que nous avons, est directement proportionnelle au
degré de
développement de nos systèmes sensoriels.
Dans certains contextes, certaines ressources nous manquent mais nous
les possédons dans d'autres contextes. Nous pouvons apprendre
à les mobiliser et à les généraliser de
façon appropriée.
4.5 - Si une personne
possède une capacité ou ressource
intérieure, toute autre personne peut l'acquérir
Comme les êtres humains partagent les mêmes systèmes
de représentations de base, il est possible, pour tout
être humain d'organiser et d'accéder à ses
représentations de façon à récréer
ou approcher tout phénomène humain. Il est donc possible
de modéliser et de transférer toute compétence
humaine d'une personne à une autre.
Ce présupposé est un des fondements de la
modélisation.
4.6- Il n'y a pas d'échec
que du "Feed-back"
Nous avons à tirer les leçons de nos erreurs de
manière à nous améliorer.
Ce présupposé évite les attitudes de jugement
négatif et de dépréciation, il facilite
également tout apprentissage. Il nous permet de ne pas
reproduire des erreurs survenues lors d'expériences
vécues.
4.7- Le sens de
notre communication est dans la réponse que nous
recevons
Le sens de notre communication est donné par la réponse
qu'elle déclenche, quelque soit l'intention du communicateur.
Virginia Satir utilise divers moyens pour communiquer : les mouvements
du corps, le ton de sa voix, sa façon de toucher quelqu'un, les
indices sensoriels.
Milton Erickson et Virginia Satir ont cherché
systématiquement à saisir inconsciemment le mode de
pensée du patient. Au fond, peu importe ce qu'ils disent, pourvu
qu'ils emploient un vocabulaire semblable à celui du patient et
qu'ils aient le même registre d'intonations que lui.
Si ce que vous faites ne
déclenche pas la réponse que vous recherchez, alors
continuez à varier vos actions jusqu'à déclencher
la réponse désirée. Face aux réponses que
nous recevons, il s'agit donc de pratiquer une écoute
très active afin de pouvoir utiliser les informations pour
éventuellement modifier notre manière de communiquer. Ce
présupposé nous invite donc à une attitude de flexibilité.
4.8- Corps et esprit sont
liés
L'esprit et le corps s'influencent mutuellement, agir sur l'un a une
influence sur l'autre. L'esprit et le corps forment un système
cybernétique.
Des
patterns neurologiques consistent en des entrées de
perceptions sensorielles et sont stockées au travers de nos
systèmes de représentations (
VAKOG = Visuel, Auditif,
Kinesthésique
,
Olfactif et gustatif).
Pour chaque pattern neurologique, il existe une manifestation
comportementale co-occurrente et vice-versa. Par exemple, pour une
personne ayant une phobie, la vue de l'objet à l'origine de la
phobie va provoquer des manifestations physiques au niveau de son
corps (palpitations, oppression, etc...).
4.9- On ne peut pas ne pas communiquer
(verbal et non verbal)
Les gens ne peuvent pas ne pas communiquer. Nous avons tous le
même montage de phrases sans recourir consciemment à la
syntaxe : d'abord un nom suivi d'un adjectif et d'un verbe et par
exemple, ajout d'un adverbe pour terminer. C'est ce que l'on peut
appeler :" la compétence
inconsciente".
Aucun message n'est sans effet, nous ne pouvons pas ne pas avoir une
influence par nos paroles ou par les messages non verbaux que nous
émettons.
Les représentations mentales générées par
des sources externes (mémoires des vécus) et celles
générées par des sources internes (imagination)
partagent la même neurologie et ont donc le même impact
comportemental.
5 - Quelques grands
principes de la P.N.L.
5.1 - La structure mentale
Hypothèse de base : dans chaque comportement des personnes, il y
a une structure mentale que nous pouvons modéliser, apprendre ou
changer.
La P.N.L. se base sur la description des perceptions sensorielles
externes, des représentations sensorielles internes et des
modélisations de ses stratégies mentales et physiques.
5.2- Les systèmes de représentation
L'hypothèse de base de la P.N.L. permet de dire que certains de
nos comportements automatiques sont immuables pour une personne
donnée dans un contexte donné.
Il est alors nécessaire de déterminer les gestes et les
signes de la communication qui sont représentatifs de la
pensée.
Une des premières questions étant de savoir si la
personne est droitière ou gauchère pour déterminer
le sens de la communication car les accès oculaires (observation
des mouvements des yeux) peuvent être inversés
selon que la personne est droitière ou gauchère.
En effet, la P.N.L. se base notamment sur le principe visuel
tactile (V.A.K.) selon lequel on ne communique pas de la même
manière avec différentes personnes.
La P.N.L. replace les cinq sens en canaux de communication. C'est ce
que rappelle le sigle V.A.K.O.G (Visuel, Auditif, Kinesthésique,
Olfactif, Gustatif).
5.3- La modélisation
La P.N.L. fait partie des techniques comportementales des sciences
humaines par opposition aux sciences dites exactes.
Elle se veut la synthèse d'un travail d'observation et de
compréhension des faits humains à travers leurs
manifestations orales et gestuelles. Elle se fixe comme ambition de
"mieux communiquer" avec autrui ou encore de tendre vers "l'excellence
en matière de communication" en utilisant la modélisation.
Le processus P.N.L. de
modélisation consiste à découvrir comment le
cerveau ("neuro") opère en analysant les patterns du langage
("linguistique") et la communication non verbale. Les résultats
de cette analyse sont ensuite exprimés en stratégies ou
programmes organisés étape par étape
("programmation"). Ces derniers peuvent être utilisés pour
transférer la compétence à d'autres personnes et
à d'autres contextes d'application.
La notion de programmation, empruntée à l'informatique,
se base sur des acquis psychologiques indiscutables comme le sont
certains de nos comportements automatiques (ex : aucune
réflexion pour enfiler un pantalon, marcher, digérer, etc..)
La P.N.L. est donc un ensemble de modèles et de techniques
destinés à améliorer la communication entre
individus et à s'améliorer personnellement.
Pour créer ces modèles de communication et de
comportements, son rôle est:
- d'observer des compétences,
- de les décoder,
- de les expérimenter pour créer des modèles
efficients.
Les modèles s'établissent à partir d'un
"état présent" de la personne pour aller vers un
"état désiré" en utilisant les "ressources"
passées, présentes et à venir (imagination) de la
personne concernée.
"Le futur appartient à ceux qui croient à la
beauté de leurs rêves" (Roosevelt Eleanor)
5.4- Les
domaines d'applications des modèles P.N.L.
Ces "modèles"
contribuent à une démarche de progression
épanouissante pour l'individu et visent à faciliter :
- la connaissance de soi,
- l'accès aux ressources présentes et déjà
acquises par la personne,
- la création de nouvelles ressources,
- la transposition d'une ressource d'un contexte (personnel par
exemple) à un autre contexte
(professionnel par exemple).
Dans
la vie de tous les jours, nous sommes confrontés à de
très nombreuses relations d'influence. A titre d'exemple, nous
pouvons citer une série de situations allant de la relation
amoureuse à la relation commerciale en passant par des
scènes quotidiennes de la vie (se trouver dans une file
d'attente, obtenir un rendez-vous chez le dentiste, etc..).
La P.N.L. peut être employée dans des cadres personnels
mais également professionnels. Depuis de nombreuses
années, la psychologue Viviane Dubos utilise avec
succès la Programmation Neuro-Linguistique en entreprise. Elle
propose aux cadres et employés, des techniques de gestion de
leurs émotions pour affronter le stress, la colère et
améliorer leur confiance en soi.
Mais depuis sa création,
le champ d'utilisation de la P.N.L. s'est considérablement
élargi et elle est aussi employée dans les domaines
suivants:
- l'éducation pour la modélisation de "stratégies
d'apprentissage",
- le sport pour apprendre rapidement les "trucs" des meilleurs
compétiteurs,
- les techniques de vente,
- la psychothérapie.
6 - La P.N.L. en
Psychothérapie
6.1
-
L'efficacité de la P.N.L.
Mais elle est aussi très efficace sur de nombreux troubles
psychologiques :
. les dépendances (tabac, alcool, drogue, co-dépendance
affective ...),
. le manque de confiance en soi,
. les crises de panique,
. le mal être (colère, stress divers),
. les traumatismes divers (accidents, décès, agressions,
abus sexuels...).
6.2 - La durée
d'une thérapie
En
P.N.L., en général, on estime qu'une thérapie doit
durer moins d'un an. Au delà de cette durée, le praticien
P.N.L. se doit d'essayer autre chose ou d'orienter le patient/client vers un
autre professionnel plus adapté au modèle du monde du
patient/client.
En cas de problèmes lourds ( ex: certaines psychoses), il pourra
être nécessaire d'adresser le patient/client à un
psychiatre, de préférence en essayant d'organiser un
passage de relais des informations.